<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><atom:link rel="hub" href="http://tumblr.superfeedr.com/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"/><description>Humeurs et décadences du moment, envies d’évasion, coups de gueule libératoires, rêves extravagants…tout ce qui me passe par la tête, devant les yeux et à travers les oreilles est là, pour tenter d’échapper à la terrible malédiction du lundi.
(Ca marche aussi les autres jours). Par Muriel P</description><title>C'est lundi je n'ai pas envie</title><generator>Tumblr (3.0; @cestlundijaipasenvie)</generator><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/</link><item><title>Un petit pot de bonheur</title><description>&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;img alt="image" src="http://media.tumblr.com/8dc8e6977b1db5971c43aa1071401330/tumblr_inline_mmcfcjHJ0j1qz4rgp.jpg"/&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;span&gt;Il y a quelques jours on m’a donné un petit pot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Un petit pot, de papier transparent tout paré.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Sur le papier était écrit «porte bonheur».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Il y a quelques jours on m’a donné un petit pot porte bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Sous le papier transparent de bonheur grafité se cachaient de timides clochettes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Elles baissaient leurs regards de mijaurées vers leurs feuilles entrecroisées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Entrecroisées comme pour cacher leur pudeur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Il y a quelques jours on m’a offert un petit pot porte bonheur, où poussaient des fleurs mijaurées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Je trouvais le porte bonheur peu commode à balader. Le talisman un peu encombrant. Le grigri un peu gros.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;On m’a expliqué qu’il fallait le planter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Un peu d’ombre, un peu d’eau, un peu de terre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Et le petit pot porterait bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Alors j’ai creusé un petit trou, pour un petit pot. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Avec mes doigts j’ai gratté la terre meuble d’un coin juste ce qu’il faut à l’ombre. Près d’un rosier et d’un buis, pour que le petit pot ne se sente pas seul.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J’ai saupoudré de la terre, et tapoté le fond, comme on tapote l’oreiller d’un enfant avant qu’il y pose sa tête d’ange. Pour qu’il fasse de plus beaux rêves.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J’ai tapoté le fond et j’ai déshabillé mon petit pot. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Je l’ai posé sur son oreiller et je l’ai bordé d’une couverture. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Il y a quelques jours on m’a offert un petit pot porte bonheur, où poussaient des fleurs mijaurées, que j’ai planté dans un petit coin à l’ombre, sur un oreiller duveteux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Je l’ai arrosé d’une giclée d’eau fraîche, tout en me demandant pourquoi ce pot pourrait bien me porter bonheur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J’ai bien regardé ces fleurs mijaurées. J’ai approché mon visage et j’ai senti.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt; Le discret parfum du printemps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J’ai approché mon visage et j’ai vu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Dans chacune des clochettes, une larme se cachait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Alors une à une, d’une pichenette, j’ai fait tomber toutes ces larmes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Elles sont venues arroser la terre meuble, mouiller l’oreiller moelleux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J’ai approché mon visage et j’ai vu, à travers le velours délicat de la clochette, la lueur du soleil diffuser.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J’ai compris qu’on m’avait offert un petit pot porte bonheur, où poussaient des fleurs mijaurées, qu’il fallait planter à l’ombre, avec un peu d’eau et beaucoup d’espoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;J’ai compris qu’en s’approchant de ses larmes, il suffisait de les faire tomber, pour qu’elles viennent faire grandir des petites fleurs timides, qui embaument le renouveau et brillent de la lumière du printemps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;Je vous promets, plantez un petit pot aussi, vous verrez&amp;#8230;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/49716359910</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/49716359910</guid><pubDate>Sun, 05 May 2013 16:54:00 -0400</pubDate></item><item><title>Pogrom de galette</title><description>&lt;p class="MsoNormal"&gt;Monsieur le Maire de Brest, François Cuillandre&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/78f4439f585bfcf4cb561b476e9ca387/tumblr_inline_mhcxcdSonT1qz4rgp.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal"&gt;Laissez-moi vous raconter une histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il était une fois il y a plus de mille ans.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Des hommes qui au cœur de l’hiver, voyant les jours décliner, avaient peur de perdre l’astre divin, symbole de chaleur, de culture et de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Lorsque, comme par miracle (le croyaient-ils) les jours s’allongeaient, pour remercier le soleil qui brillait de nouveau ils fêtaient son retour  en confectionnant une galette.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ronde, blonde, généreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Symbole d’abondance et de chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il était une fois il y a deux mille ans.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Des religieux épris d’un Dieu qu’ils voulaient unique, fêtaient tous les ans l’histoire de trois rois venus d’orient, qui pour honorer la naissance de leur messie, arrivèrent les bras chargés  de cadeaux. Comme les hommes de ces temps là fêtaient le retour du soleil, ils décidèrent d’associer leur fête à celle du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les années passèrent et les deux histoires se mêlèrent. La plus récente pris le pas sur la plus ancienne, mais chaque année au cœur de l’hiver, des hommes mangeaient une galette en fêtant l’Epiphanie, la tête couronnée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il y a quinze jours, vous décidez Monsieur le maire de révolutionner l’histoire de cette galette, et d’oublier la moitié de sa génèse.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Certes.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Vous auriez dû tout simplement la supprimer. Quel intérêt de manger une brioche bourrative alors qu’il existe des gâteaux bien meilleurs que celui-là&amp;#160;? Tout le prix de cette galette est dans son histoire. Dans Ses histoires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et les enfants aiment les histoires. Les plus vieilles, les plus récentes, les plus noires et les plus effrayantes.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ils se construisent et apprennent le monde ainsi, en gonflant leur imaginaire de ces mondes merveilleux ou inquiétants que nous leur narrons, préambules indispensables à la curiosité,  puis au goût  de l’apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;L’enfant est un océan d’ouverture, une page vierge à écrire.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est l’adulte qui le cloisonne, l’enferme ou le bride. C’est son entourage, parents, adultes, professeurs, qui façonne peu à peu le champ de son regard aux autres.   &lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Racontons-leur l’étendue du monde, la multitude, la différence au travers de contes, de légendes, de mythes, et faisons de nos enfants des hommes libres.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ce n’est pas en cloisonnant l’histoire, me semble-t-il que nous protègerons certains de l’exclusion. Ceux qui défendent le devoir de mémoire vous le diront. Est-ce en occultant une partie du passé pour protéger la susceptibilité d’autres que l’on fait acte d’égalité&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Monsieur le Maire ne faites pas le pari de l’ignorance au nom de la laïcité.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Racontez l’épisode de ces galettes, de ces couronnes. Enrichissez ces enfants de la multitude de détails qui confectionne leur origine, leur appartenance. C’est l’histoire de notre monde, de leur monde. C’est justement en racontant l’histoire des autres que nous savons qu’ils existent , que nous apprenons à les connaître et que nous entamons le chemin vers l’entente. Bannir, ignorer n’a jamais aidé à coexister.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Narrez à ceux qui n’ont pas les rois mages dans leurs croyances, leur histoire&amp;#160;: elle n’a rien de choquant. N’oubliez pas aussi de raconter à tous les enfants  les autres romances, les mythes et les légendes, les Mahomet, les Salomon, les Buddha et les Jésus. Parlez leur d’Apollon, de Moïse,  de Zeus, d’Abraham, des dieux grecs et des mayas.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Vous verrez ils adorent les histoires, et ils n’en prendront pas offense.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et vous leur ferez un joli cadeau:&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Celui de la connaissance.&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal"&gt; &lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/41732328325</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/41732328325</guid><pubDate>Mon, 28 Jan 2013 17:39:13 -0500</pubDate></item><item><title>Paris, au petit matin, Palais Royal.
Dans le silence ouaté de...</title><description>&lt;img src="http://24.media.tumblr.com/0d0b199b6a7f64f9a407b3bd72d606f9/tumblr_mgvxv3g9c01rq6y9no1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;Paris, au petit matin, Palais Royal.&lt;br/&gt;
Dans le silence ouaté de l’hiver qui se réveille.&lt;br/&gt;
De ces instants magiques parce qu’on les vit seul, &lt;br/&gt;
De ces instants inouïs qui ne valent ensuite que parce qu’on les raconte.&lt;br/&gt;
Voici mon instant surnaturel.&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/40938284653</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/40938284653</guid><pubDate>Sat, 19 Jan 2013 12:21:04 -0500</pubDate></item><item><title>Nouvelle année, nouvelles résolutions...</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/8775af50339c8fd9415b9f14028afcb0/tumblr_inline_mgdpo3aCL51r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une nouvelle année = bonnes résolutions…pas très original (je sais j’ai fait le même l’année dernière).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Chaque année, ma bonne résolution c’est d’essayer de comprendre cette habitude de la «&amp;#160;bonne résolution&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Pourquoi&amp;#160;? Comment&amp;#160;? Quelles sont nos motivations secrètes&amp;#160;? Un constat d’échec pour l’année passée&amp;#160;? L’expression timide d’une volonté de changer…de TOUT changer&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;(Je crois que je tiens quelque chose).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;En effet, à l’aube du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier, le cotillon froissé, le nez rouge, la vue troublée, il semble qu’un grand nombre d’entre nous sont frappés par une lucidité magique, celle de l’alcoolémie réaliste&amp;#160;: la vérité sort de la bouche de l’éméché.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;«&amp;#160;Cette année je me lance&amp;#160;» «&amp;#160;j’arrête de fumer&amp;#160;» «&amp;#160;je divorce&amp;#160;» «&amp;#160;je fais mon coming out&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Traduisez en gros&amp;#160;: «&amp;#160;jusqu’à présent j’ai fait de la merde, mais ce soir, mu par une force surnaturelle, celle du Mojito champagne, je décide que ma vie va changer&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Dont acte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Dont pas acte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Car, force est de constater que l’année d’après, même heure, même endroit à peu de choses près, alcoolémie identique, on recommence.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Y a-t-il une solution à cette rengaine maléfique&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Vous n’allez pas me croire mais je pense que oui. Vous allez pleurer d’émotion en lisant ces lignes, et vous me rebaptiserez la petite fée de la Saint Sylvestre, ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Voyez-vous, la situation désespérée du fêtard du nouvel an qui prend des décisions pour changer de vie, tout en sachant que rien ne changera, et bien cette impasse me rappelle le point de départ d’une émission TV que la plupart connaissent…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vous fais le pitch, vous allez comprendre&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;(Prenons un exemple au hasard)&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ursula est une jeune femme pleine de vie, jolie, dynamique et volontaire. Il y a dix ans, elle rencontre James. Et là,c’est le coup de foudre. Elle le voit, le reconnait et depuis ne le quitte plus. Et un, et deux et trois enfants. Un chat. Un monospace. Malgré les difficultés, elle se lance, elle y croit. Difficultés car on a oublié de dire que James habite à 500 kms d’Ursula, et n’a pas son permis de conduire. Il aime le foot et a une «&amp;#160;petite&amp;#160;» tendance à la boisson. Oui mais bon…L’Amour est là. Le sacrifice en vaut la chandelle. Elle met toute son énergie dans cette entreprise fabuleuse. Mais malheureusement, les choses ne vont pas se passer comme elle le souhaitait. 10 ans plus tard, Ursula est au bord du gouffre. Les enfants sont insupportables, Kevin deale de la beuh à la sortie de l’école, Ethan harcèle moralement sa maîtresse, Ilona est déjà diabétique à force de gober des M&amp;amp;M’s. James n’a toujours pas changé de boulot, et la trompe avec sa secrétaire. Quand il rentre à la maison, il passe son temps devant le foot à boire des bières et vider des paquets de chips. Le chat est obèse et la voiture, qu’ils n’ont pas changé depuis, ne passe plus le contrôle technique. Sa libido est aussi plate que la Hollande. Le quotidien lui creuse le visage et ses réserves de Whisky.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Face à la détresse de sa mère, Kevin, à la veille de cette nouvelle année,  plutôt que de jurer, en vain, qu’il arrêtera de vendre de la beuh à la sortie de l’école, prend une vraie bonne résolution. Avec la complicité de sa tante, il contacte l’équipe de «&amp;#160;CdeTrop, une nuit pour tout changer&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Valérie et ses copines de CdeTrop ont été émues par la lettre de Kevin. Les voilà qui découvrent un chantier désastreux. De l’inédit. Jamais en une nuit l’équipe de CdeTrop a eu un tel défi à relever. Mais rien ne leur fait peur.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elles débarquent peu avant minuit dans la vie de notre désespérée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ursula est tellement émue de les accueillir. La benne de CdeTrop les suit, elle a deux heures pour y vider sa vie. Elle jette tout&amp;#160;: les gosses, le mari, le chat, la belle mère, la voiture foutue, les kilos en trop, les rides profondes, la déprime, l’addiction au Valium. Elle ferme la benne et basta&amp;#160;! A elle une nouvelle vie&amp;#160;!!&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;- Qu’est que tu aimerais Ursula&amp;#160;? lui demande Valérie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle exulte&amp;#160;: «&amp;#160;un enfant pas plus, une fille, sage, future Miss France. Pas de belle mère, morte plutôt, mais sans souffrance, qu’il ne passe pas son temps à la pleurer. Lui&amp;#160;: musclé, golfeur, Porsche Cayenne, danseur de salsa, verge-étalon. Un bouledogue français. Des Uggs léopard. Une Mini, rouge. Non verte, oui, verte, avec le toit blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt; Exit aussi les kilos, les seins flasques et les lèvres cachectiques&amp;#160;: deux PIP et un demi kilo d’acide hyaluronique et la magie opère.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;En coulisse, alors qu’Ursula passe sa dernière nuit de vie-de-merde , l’équipe de CdeTrop s’affaire: désosser le vieil espace, expulser la vieille au Mali, euthanasier les gosses, vendre le chat à un fourreur, mettre James en garde à vue.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le contrat est rempli en une nuit et,  au petit matin de ce 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier, Valérie et toute l’équipe des magiciens de CdeTrop fait venir Ursula dans sa nouvelle vie&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Es-tu prête Ursula à découvrir ta nouvelle vie&amp;#160;?susurre, gourmande, Valérie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est l’heure de la découverte. Elle prépare ses larmes et ses sanglots de bonheur. Elle s’apprête à répéter, mille fois&amp;#160;: «&amp;#160;mais c’est un truc de ouuuuuuuuuuuf&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle murmure un «&amp;#160;oui&amp;#160;», timide, plein d’espoir, humide de larmes… Ursula a les yeux fermés.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle les ouvre, enfin, trépignant d’impatience.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle le voit en premier&amp;#160;: James. La bouche grande ouverte, un gargouillis muqueux aux relents de bière s’échappant de la gorge. La télé bourdonne sur un documentaire animalier. Le chat dort sur ses genoux et a filé ses collants. Kevin est toujours éveillé et joue à sa DS, un cendrier plein de mégots à ses côtés. Elle a la bouche pâteuse de trop de mousseux bon marché. Elle s’est endormie sur une langue de belle mère qui lui a fait un bleu sur le sein gauche. Un troupeau de buffles hypertrophiés défile dans sa boîte crânienne. Le sol est jonché de crottes de chat et de reste de surimi. C’était le verre de trop pour le rêve de trop…&lt;/p&gt;


&lt;p class="MsoNormal"&gt;Vous pensiez vraiment que CdeTrop pouvait exister&amp;#160;? Et pof un coup de baguette magique, et je te change de vie&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Non vraiment&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ah…vous m’avez fait peur. Vous aussi savez que les choses ne se passent pas ainsi&amp;#160;? Deux plans séquences, un travelling au ralenti, un effet pailleté et hop&amp;#160;: le paradis.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Non, dans la vraie vie, la vraie, on se réveille le matin avec un chapeau pointu ridicule, la gorge marquée par l’élastique trop serré, la gueule de bois, des SMS hargneux que l’on a envoyés à l’acmé de notre ébriété à un ex infidèle, et une hépatite pour les quinze jours à venir.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Voilà la vraie vie…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est donc pour CA que les bonnes résolutions existent. Pour se donner l’impression que les choses peuvent changer.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Même si on y croit que le temps d’une soirée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;(Ne me dites pas merci pour cette démonstration pleine d’espoir et bonne année&amp;#160;!!)&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/40121644411</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/40121644411</guid><pubDate>Wed, 09 Jan 2013 16:42:53 -0500</pubDate></item><item><title>Juste un mot pour le Dieu de l'Apocalypse...</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;Saint Machu Pichu, Taolescitésdor, Armageddon, je ne sais pas comment tu t’appelles, mais je t’écris, une simple lettre, car on m’a dit que cette année, c’était bingo, on avait comme deux Noëls.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un premier ce soir, une sorte de grand nettoyage paraît-il, et un autre, le classique lundi.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Alors je profite de l’occase pour ne pas être en reste, vu que l’autre au bonnet rouge il ne m’écoute pas toujours (c’est vrai que l’année dernière j’ai demandé Ryan Gossling en chair et en os, il m’a apporté Bob l’éponge tu vois).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Donc, à ce qui paraît ce soir, c’est le grand soir, feux d’artifice et super nova. Grand nettoyage d’hiver, on sort le déluge et on nettoie à grandes eaux. Ça me va, j’adore faire le ménage.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je voudrais juste, et c’est l’objet de ma lettre, que tu n’oublies pas dans ce grand chambardement quelques personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je me doute qu’après ta grande fiesta, même si ça va débroussailler sec dans les rangs, il va y avoir comme des «&amp;#160;survivants&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Justement.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Faudrait pas que ceux qui restent soient les pires. Rapport à l’avenir de l’humanité.  On ne peut pas repeupler avec les rebuts, il faut que les élus en valent la peine. Non&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis sûre que tu as pensé à ce détail, je te livre juste ma petite liste perso, au cas où.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ce n’est pas de la délation, tu l’as bien compris, ni de la vengeance.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est juste ma névrose qui me rattrape, le souci du détail…et mon grand cœur. Je pense aux survivants, aux vrais. Je ne voudrais pas leur gâcher «&amp;#160;l’après&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Donc n’oublie pas (merci)&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les mecs qui passent des disques (tous sans exception).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les filles aux cheveux bicolores.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les filles vulgaires qui font du 90C ou plus (association obligatoire).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les filles qui portent des Uggs.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mon voisin qui passe la tondeuse le dimanche matin (à quoi pourra-t-il bien servir ce con après&amp;#160;?).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les journalistes de gauches qui ne paient pas d’impôts et viennent donner des leçons de civisme aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Toutes les nanas qui chaussent du 38 comme moi (à part les membres de ma famille. Je ne cite pas mes copines, elles ne  font pas la même pointure). Ça c’est rapport aux soldes.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les Don Juan mythomanes et autre Fernando (si tu ne vois pas de qui je parle, remonte un peu dans mes posts…).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ma concierge parisienne obsédée par le tri sélectif, même si je ne la vois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Michael Vendetta et Sexxion d’Assault.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les caissières qui font le concours de celle qui passe le plus vite les produits devant leur douchette, pendant que toi tu galères à remplir ton cabas.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les gens qui n’aiment pas Noël.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Voilà. J’espère que tu penseras à moi, ELCondorPasa.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Si tu pouvais toucher un mot à Papa Noël aussi, pour Ryan Gossling, merci. A défaut je veux bien des Louboutins s’il n’en a plus en stock.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Eclate-toi bien.&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/38474749184</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/38474749184</guid><pubDate>Fri, 21 Dec 2012 12:43:00 -0500</pubDate></item><item><title>Pourquoi les garçons qui passent des disques font-ils craquer les filles ?  </title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;En voilà une question existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Permets-moi d’apporter quelques éléments de réponse. Si ma petite expérience en la matière t’aidait à éclaircir ce vaste et sombre sujet, qui t’obsède j’en suis certaine, tu me verrais ravie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;(Aux critiques, tout d’abord, j’annonce&amp;#160;: ne venez pas trouver ici une démonstration très scientifique. La cohorte dont j’ai disposée pour l’étude est, certes, très honorable (je ne rougis pas du tout), mais je ne l’ai comparée à rien d’autre. Pas de cohorte «&amp;#160;témoins&amp;#160;», mon aveuglement fait que mon recrutement, hélas, n’a concerné que les «&amp;#160;fameux garçons qui passent des disques&amp;#160;». Et personne d’autre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mis à part cette sélection très hasardeuse, sur le plan scientifique (et sentimental), les théories que j’avance sont, en plus, très intuitives et pleines de mauvaise foi.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les pinailleurs du petit «&amp;#160;p&amp;#160;» et autres disséqueurs de l’ «&amp;#160;evidence based science&amp;#160;»&amp;#160;: passez votre chemin.)&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Maintenant que tu es tout ouïe, je te brosse le tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La fille qui va bientôt craquer pour un garçon qui passe des disques s’apprête pour une soirée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Body en dentelle, épilation au cordeau, splash de Guerlain.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et que je change trois fois de paire de chaussures, de couleur de vernis. Comme si c’était ça le plus important pour draguer (franchement ça se saurait).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le tout orchestré par les ting-tong des SMS «&amp;#160;t’es où&amp;#160;», et des tweets «&amp;#160;#teamtéou&amp;#160;»&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;23h&amp;#160;: fin prête.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;«&amp;#160;Et si c’était ce soir&amp;#160;?&amp;#160;» se dit &lt;em&gt;in petto &lt;/em&gt;la fille qui va bientôt craquer pour un garçon qui passe des disques. Oui LE soir. Celui où elle va LE rencontrer. L’homme, LE BON.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Non, parce que faut pas croire&amp;#160;: cette fille là, derrière ses airs de femme libérée, elle est fragile. Elle fait genre&amp;#160;: «&amp;#160;le hommes je les croque, et je les jette&amp;#160;», mais elle cache au fond d’elle une Cendrillon qui sommeille. Il ne faut pas oublier que les filles ont encore les gènes de la princesse aux longues tresses qui attend son abruti de prince parti on-ne-sait-où.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Celui dont on dit qu’il est allé guerroyer (de toi à moi, la guerre en question, personne n’en a jamais entendu parler, non&amp;#160;?). Et toutes ces connes naïves, de Pénélope à Raiponce qui poireautent depuis des siècles en attendant que le gars revienne. Le valeureux. Le courageux. Celui qui mérite qu’on l’attende…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le gars qui probablement se la coule douce avec trois potes et des péta… (non je ne l’ai pas écrit).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Bref.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Voilà de quoi on nous abreuve depuis plusieurs générations. Et que celle qui n’a jamais vu Cendrillon, rêvé ou pleuré (même en secret) devant l’un des films suivants, me jette le premier escarpin&amp;#160;: Love story, Coup de foudre à Notthing Hill, Out of Africa, Love actually. J’ai pas raison&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Donc la fille qui va bientôt craquer pour un garçon qui passe des disques, elle a ça en elle, ces histoires d’idiotes aux robes à froufrous qui attendent, et qui Ô joie, voient leurs rêves se réaliser. Elle y croit, elle aussi, même si elle fait très 2012, «&amp;#160;je suis libre et je suis cool&amp;#160;», «&amp;#160;je ne me prends pas la tête&amp;#160;», et «&amp;#160;on s’attache pas hein&amp;#160;?&amp;#160;» (Peut-être que bientôt les choses vont changer&amp;#160;: maintenant que nous allons élever nos enfants avec une parité aveugle, il est probable que ma théorie soit écornée dans vingt ans).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle se dit qu’elle aussi, après tout, a droit à sa paillette de rêve, son «&amp;#160;when a dream comes true&amp;#160;», son plan séquence au ralenti, sur la voix la langoureuse d’une Dinah Washington qui susurre «&amp;#160;Mad about that boy&amp;#160;», alors qu’elle plonge son œil de biche humide dans son regard de braise…et qu’ils font des volutes de fumée (juste une histoire de physique me direz-vous, l’humidité de l’œil qui se sublime à la chaleur du regard).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je m’éloigne.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La fille qui va bientôt craquer pour un garçon qui passe des disques, toute gonflée de sa mièvrerie qu’elle n’assumerait pour rien au monde, débarque dans une soirée bondée de gens qui font semblant que leur vie glisse et scintille comme la poudre dans leur nez, l’exaltation exubérante, la bonne humeur forcée. Ses escarpins à bouts pointus sont dressés comme des radars.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle ne s’arrête pas aux premiers abords, elle n’est pas une fille facile (rappelle-toi, elle joue secrètement le rôle de la princesse dans une très, très, très haute tour. Tu vois, elle ne s’épanche pas devant le premier clampin venu, la fille).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est là que le mec qui passe des disques a tout compris. C’est que le mec a de la bouteille.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il manie les symboles comme un virtuose de l’allégorie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Premièrement il met TOUJOURS des obstacles entre lui et celle qui va bientôt craquer. Il passe des disques, mais toujours au fond d’une pièce sombre, caché. Voire difficile d’accès. Rapport à l’histoire de la tour. Où elle poireaute depuis des siècles. Le chemin qui mène à l’amour est long et douloureux, il faut attendre qu’Ulysse revienne de l’Odyssée, ça ne se fait pas en un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Traverser une pièce, où elle doit éconduire une demi douzaine de lourdeaux défoncés, de concurrentes et de verres piégeux, finalement ça la rassure, ça la met en confiance, la fille. Ca lui rappelle de vieux souvenirs&amp;#160;: l’amour c’est pas facile.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je te passe le banc de sirènes (ou d’autre poissons, tous en voie de disparition), acccrochées à lui comme des berniques sur leur rocher, qui lui susurrent le chant grisant de la flatterie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La fille, le banc de morues, ça ne l’arrête pas. Elle pense à Pénélope. Ca la galvanise la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle arrive enfin près du mec qui passe des disques.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et le mec sort sa deuxième carte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Son deuxième symbole&amp;#160;: la pomme.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;As-tu vu toi aussi que le mec qui passe des disques est toujours planqué derrière un écran où brille une pomme&amp;#160;? Ca lui remémore des trucs à la fille. Encore plus enfouis. Ca déterre de vieilles racines. Le désir refoulé. L’interdit. Le péché originel. Tu te demandais pourquoi les mecs qui mixent en soirées ont des Apple&amp;#160;? Ne cherche pas plus loin. Ils ont tout compris, encore une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Eve est à point. Elle a le serpent qui frétille.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais elle n’est pas encore assez cuite pour le mec qui passe des disques. Il va bientôt la dompter, et sans sortir sa flûte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle est grisée. Il faut qu’il l’aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il sort son atout maître.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le mec qui passe des disques c’est un guerrier. Il a des préoccupations que n’ont pas les manants qui boivent juste des coups en soirée. Lui, il est nappé de mystère. Quand la fille qui va bientôt craquer pour lui lui parle, il est souvent ailleurs. Comme aspiré par des préoccupations autres, supérieures. Mystérieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il a le regard lointain. Absorbé.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Parfois au cours d’une phrase, il met un doigt sur sa bouche, ferme les yeux, et lui dit «&amp;#160;chuuut…écoute. C’est beau&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La fille se sent comme privilégiée que parfois, il accepte de lui répondre. De sortir du monde merveilleux et terriblement complexe où il est plongé.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle se sent différente soudain, la fille. Unique. La Blanche Neige que le prince repère parmi une famille de nains. Une Cendrillon qu’il reconnaît malgré ses haillons. L’élue.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Son imagination s’emballe. Elle branche la machine à produire les contes de fées.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le mec qui passe des disques, elle pense que c’est un artiste qui flirte avec un monde onirique que seul les grands poètes ne peuvent connaître. Un monde merveilleux qu’il va lui faire découvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il seront drapés dans des volutes irisés, courront les pieds nus, chevaucheront une blanche monture. Ils règneront sur un royaume paisible où les gens seront toujours heureux. Elle sera sa princesse. Il sera son prince. Ils déjeuneront tous les jours avec Minnie et Shreck des pommes d’amour et du gloubi boulga.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle a craqué.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il l’a eu.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Tu vois ma fille, je voulais te dire que tu n’es pas la seule à craquer pour le mec qui passe des disques. Son évanescence foireuse ne cache bien souvent qu’une alcoolémie dangereuse, et la poésie d’un entraineur de foot. Sache qu’en soirée, comme dans la vie, la fumée qui te sépare du mec qui passe des disques est salutaire. Ne cherche pas à la dissiper ou à trouver la flamme qui l’alimente.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Fais comme moi&amp;#160;: arrête toi à l’entrée, au besoin bois un coup au buffet pour te donner du courage.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et si tu ne peux pas boire, ou que tu préfères malgré tout tenter l’expérience des limbes, juste un dernier conseil&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;DJ sont les initiales de Don Juan.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je t’aurais prévenue.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img alt="image" src="http://media.tumblr.com/tumblr_mf74rrrJK01r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/38175407549</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/38175407549</guid><pubDate>Mon, 17 Dec 2012 16:50:00 -0500</pubDate></item><item><title>Comme un oiseau sur la branche</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_mdr6xssOi81r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai jamais été calée en arbre, mais cette essence là je ne la connaissais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il faut dire que l’espèce n’est pas particulièrement hospitalière.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une écorce rugueuse comme une vieille dame aigrie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Des épines grosses comme des pieux, aussi nombreuses qu’une armée de crétins un jour de manif’ anti mariage gay.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le feuillage est dense et intimide la lumière.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;L’arbre n’est donc pas spécialement accueillant, et je suis sur une de ses branches.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les pieds nus.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;A voir les gouttes de sang séché qui tachent l’écorce comme une varicelle, il semble que je ne sois pas la seule à être passée par là.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais là, je suis seule pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Bien seule.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Sur cette putain de branche vermoulue qui menace de se briser à chacun de mes pas.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne sais pas ce que je fais là mais je sais juste qu’il faut que j’avance.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une intuition.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un instinct de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’entends des bruits au dessus de ma tête.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Des oiseaux&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Des singes&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne sais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt; Je crois qu’il y a quelques temps j’étais encore avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Perchée un peu plus haut sur des branchages moins hostiles.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Là où le soleil arrivait encore à percer.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Là où des fruits mûrs s’offraient à nos estomacs repus.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais je ne suis plus en haut, je me suis cassée la gueule.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et je tremble sur cette branche branlante qui menace de se briser, les pieds en sang, la faim au ventre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je tente de les appeler à l’aide, pour qu’ils viennent me tirer de là.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Personne ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ou plutôt si. J’en distingue quelques uns derrière les feuilles. Ils me regardent, l’air contrit.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Légèrement emmerdé.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&amp;#8220;Si on descend, on s’expose. On risque de se retrouver sur cette branche merdique, avec elle, et on tombe aussi.&amp;#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La force de leur veulerie résonne dans mes oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’aperçois le vol de quelques charognards venus en repérage.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ils s’éloignent. Mon temps n’est pas encore venu.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ose pas regarder en bas. De peur d’être aspirée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ose pas, non plus lever les yeux vers cet autre monde, celui des plumages clinquants et des branchages onctueux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne voudrais pas être rageuse. J’ai besoin de ce peu de force qui me reste pour m’accrocher à cette branche.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et, alors que je lutte avec la fameuse force du désespoir, il se pose.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un discret papillon.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Sur mes doigts meurtris.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il n’a pas eu peur de percer ses ailes irisées sur les épines menaçantes, lui.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il me dit de tenir bon, de m’accrocher à mon courage.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il connaît un chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Son battement d’aile m’insuffle la force de le suivre. Aveuglément.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et je grimpe, petit à petit, sur cet arbre, vers le mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis la voie diaphane de ce papillon, et je m&amp;#8217;envole avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je dépasse les singes moqueurs et les pleutres moineaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et, finalement je plane bien au dessus d&amp;#8217;eux.&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;Il y bientôt quatre ans je me suis cassée la gueule de mon arbre. Et je suis remontée.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;Je dédie ma victoire contre la connerie humaine et la lâcheté à ces papillons discrets dont les battements d’ailes ont été les moteurs de mon ascension.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;Je ne les remercierais jamais assez.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;Pour les autres&amp;#160;: la branche sur laquelle je suis passée, certains la connaissent, d’autres malheureusement la connaitront. Le soutien vient toujours.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;Surtout de là où on ne l’attend pas.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;«&amp;#160;Dans les ténèbres qui m’enserrent,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt; &lt;span&gt;Noires comme un puits où l’on se noie,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Pour mon âme invincible et fière,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Dans de cruelles circonstances,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Je n’ai ni gémi ni pleuré,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Meurtri par cette existence,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Je suis debout bien que blessé,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;En ce lieu de colère et de pleurs,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Se profile l’ombre de la mort,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Et je ne sais ce que me réserve le sort,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Mais je suis et je resterai sans peur,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Aussi étroit soit le chemin,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Nombreux les châtiments infâmes,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Je suis le maître de mon destin,&lt;/span&gt; &lt;span&gt;Je suis le capitaine de mon âme.&amp;#160;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;INVICTUS. W.E Henley&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/36086939171</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/36086939171</guid><pubDate>Mon, 19 Nov 2012 16:21:52 -0500</pubDate></item><item><title>En grève</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_mde8yiqFtz1r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Madame la Ministre de la Santé et des Affaires Sociales Marisol Touraine,&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis mal placée pour prendre la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai plutôt eu de la chance.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai fait que dix ans d’études.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est à dire le minimum syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai eu un internat assez tranquille.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Des patrons respectueux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et pédagogues.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai pas eu souvent à me démerder seule devant un patient sub claquant sans avoir un chef sous la main pour m’aider.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai pas eu à participer à des guerres intestines pour assurer mon clinicat (et donc ma formation).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ni à cirer des pompes. Ou à tailler des pipes.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai  fait pas mal de gardes, de nuits et de week-ends.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais bien moins stressantes que la plupart de mes confrères d’autres spécialités.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et j’ai rarement loupé des noëls en famille, des mariages ou l’anniversaire de mes gosses.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai une spécialité «&amp;#160;médico-technique&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mon «&amp;#160;rôle&amp;#160;» est certes important dans la chaine diagnostique, mais je ne suis pas au «&amp;#160;charbon&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai ni les doigts dans la merde toute la journée, ni des familles qui pleurent sur mon épaule en me suppliant pour un miracle.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mon quotidien n’est pas d’opérer un nouveau-né de 2 kilos pour suturer un trou dans sa cavité cardiaque. Au risque de lui suturer l’aorte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ni d’avoir suffisamment de reflexes pour faire le geste qui sauvera un jeune de trente ans d’un pneumothorax.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Lorsque je ne dors pas d’une nuit, je ne tremble pas à l’idée que ma fatigue puisse me faire passer à côté d’une tumeur à la lecture d’un scanner.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Parce que je n’ai pas les yeux en face des trous.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai pas à aider des gens à mourir, de façon officieuse, parce que leur souffrance est devenue inhumaine. Et à me battre avec ma conscience, parce que cela va malgré tout contre mes croyances et mon serment.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai pas à essuyer des plaintes parce que je n’ai pas su, ou parce que je n’ai pas pu prévoir l’imprévisible, la fatalité.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vois la misère, la souffrance, la solitude, l’indicible.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais peut-être un peu moins que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne fais pas, je ne vois pas tout cela mais j’ai dix doigts pour écrire et un peu d’objectivité.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;En toute bonne foi je ne me suis jamais demandé combien gagnait un électricien d’EDF (payé par nos impôts…comme les médecins), ni un prof agrégé à la fac.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ni un sénateur.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Peut-être le devrais-je.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Madame la Ministre, j’ai mal à mon serment et j’ai mal à mon métier.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mal de voir qu’on nous fait grossièrement passer pour des nantis qui profitent de la (mauvaise) santé des autres pour rouler en Porsche et pour s’acheter une Rolex.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Certes je suis bien payée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;D’autres le sont moins.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;D’autres beaucoup plus que moi. Ils sont minoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La médecine n’est pas une sinécure. C’est un métier, comme un autre. Avec des difficultés d’exercices et de la pénibilité. Comme beaucoup d’autres métiers.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais, que je sache, personne ne travaille «&amp;#160;gratuitement&amp;#160;». Pourquoi soigner les autres serait-il une exception&amp;#160;? Devrai-je, d’après vous, avoir honte de gagner ainsi ma vie.&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ecoutez les revendications justifiées de mes confrères et consœurs, et ne les repoussez pas d’une main en créant un alléchant amalgame pour l’opinion publique&amp;#160;: «&amp;#160;une poignée de confrères abusent, donc tous les médecins sont des nantis&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Vous mettriez à mort, ainsi, ce que vous défendez, avec beaucoup de conviction (je n’en doute pas)&amp;#160;: notre système de santé.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Vous qui avez été de ceux qui ont dénoncé, cinq ans durant, les amalgames du précédent gouvernement et de la droite, élevez-vous donc contre celui qui nous désigne, mes confrères et moi-même, comme de vils parasites de la condition humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt; Ou acceptez donc ceux-ci&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Tous les musulmans  sont des djihadistes. Tous les italiens des mafieux. Tous les prêtres des pédophiles. Tous les militaires des fachos en puissance. Tous les corses des terroristes. Tous les roms des voleurs. Tous les aveyronnais des avares. Tous les anglais de mauvais goût. Tous les allemands des nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Arrêtez, Madame la Ministre de faire la grève de la bonne foi et de l’objectivité.&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et nous arrêterons la grève.&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/35587045857</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/35587045857</guid><pubDate>Mon, 12 Nov 2012 16:30:59 -0500</pubDate></item><item><title>Araignée du soir</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_md1a38M59F1r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;On nous ment.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les médias, le gouvernement, l’Europe, les Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Tous.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;On nous parle de crise économique, de famine, de tsunami, de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;On nous passe en boucle les images de Sandy, on tremble à l’idée que l’élection américaine puisse faire basculer le monde vers une troisième guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;On brandit la menace nucléaire, les extrémismes en tout genre, le dérèglement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Tout ça c’est du flan. Bien moelleux pour l’avaler plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le danger n’est pas là. Le danger, le vrai, je viens de le découvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et celui-là PERSONNE n’en parle.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il a suffit que je change de décor pour réaliser l’ampleur de la catastrophe imminente. Et je n’en avais pas idée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vous fais le topo.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai quitté il y a peu la douce insouciance parisienne, pour venir m’installer dans un pavillon toulousain, en «&amp;#160;banlieue&amp;#160;» comme certains diraient (il se reconnaitra).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un pavillon avec jardin, tuyau d’arrosage, et transats. Barbecues à gogo, feuilles mortes à la pelle et fil pour étendre le linge.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La campagne quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai quitté Paris qui est finalement peu risquée. On ne croise que des gens bien.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Safe.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La cocaïne, la superficialité, les découverts pour cause de train de vie  dispendieux, tout ça c’est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Alors qu’un pavillon, en province ET en banlieue…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est ma voisine, Rosy qui m’a ouvert les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Nous sommes le 31 octobre, quelqu’un frappe à ma porte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ouvre pensant qu’une horde de mômes déguisés en Mireille Mathieu va me réclamer des bonbons, et je tombe sur Rosy le visage barré d’un masque de chirurgien, vêtue d’une combinaison de papier, les mains gantées. Elle tient à la main un aspirateur de table, et de l’autre un tapette à mouche. Je pense qu’elle a voulu se déguiser en Ghostbuster et lui propose des bonbons. Elle hausse les épaules et me demande si j’ai du Baygon.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ose pas lui opposer que le Baygon à sniffer c’est peut-être dangereux, mais, comme j’aspire à de bonnes relations de voisinage je m’exécute et lui donne mon aérosol.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;L’air conspirateur elle me fait signe de la suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’avoue que, question drogue, je suis plutôt Puligny-Montrachet que Baygon jaune ou MDMA. Je la suis pour ne pas la froisser (toujours la bonne entente de voisinage), mais je vais devoir trouver un truc pour éviter l’insecticide en spray nasal.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Nous pénétrons dans sa cuisine. L’endroit est jonché de pièges à souris. Rosy avance sur la pointe des pieds pour les éviter.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle farfouille dans un tiroir et me tend un masque et des gants en latex.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Mettez ça m’ordonne-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je m’exécute pensant que je m’engage dans une histoire un peu louche.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le Baygon, le latex, ça ne me dit rien qui vaille.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle s’approche de la table de la cuisine éclairée par un spot très puissant. Elle pose au centre de celle-ci son aspirateur puis me lance&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Vous avez déjà mis les pieds dans un bloc opératoire&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Ben, je…enfin oui quand j’étais étudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Bon parfait. Je vais ouvrir le sac de l’aspirateur. Là je vais crier ASPI, c’est un nom de code, et vous, à ce moment là, précisément, vous pulvérisez le Baygon sur le contenu du sac. Vous avez compris&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Oui je crois…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Ok, on y va.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle ouvre le réceptacle de l’aspirateur et beugle un «&amp;#160;ASPIIIIIIIIIIII&amp;#160;»  tonitruant.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’appuie sur le spray.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle hurle de plus belle «&amp;#160;ASSPIIIII BOORRDEL&amp;#160;!!!!!&amp;#160;».&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vide le Baygon.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;L’opération dure de longues secondes. Ma vue se trouble sous l’effet de l’adrénaline, des gouttes de sueurs et de l’insecticide. J&amp;#8217;ai les mains qui tremblent et les gants qui collent. J&amp;#8217;espère que j&amp;#8217;ai bien fait.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une fois l’aérosol terminé, Rosy fouille dans les déchets de l’aspirateur à l’aide d’une baguette de bois, puis retire son masque, l’air satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Bon travail petite, on l’a eue.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Qui ça&amp;#160;? osé-je&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-L’araignée&amp;#160;! Enorme. Je l’ai aspirée avec mon Dyson, mais je la voyais bouger au milieu de la poussière à travers la paroi transparente. C’est tenace ces saletés. J’ai aspiré tout le salon avec l’aspirateur, pensant qu’en remplissant le sac, elle finirait par étouffer. Pensez-vous&amp;#160;! Elle continuait à bouger. J’ai eu peur qu’elle ressorte de mon Dyson, et cette idée m’a hantée toute la soirée. C’est pour ça que j’ai fait appel à vous. J’avais besoin d’une aide opératoire.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je jette un regard circulaire pour voir si il n’y a pas des caméras cachées quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Non il semble que ma voisine soit une phobique de la bébête. Une vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Je vois que vous vous moquez me lance-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne sais que répondre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Elle clame&amp;#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;-Vous savez, nous sommes envahis de bestioles ici&amp;#160;!Et nous sommes qu’en banlieue.  Imaginez en pleine campagne&amp;#160;! Les souris, les araignées, les criquets, les sauterelles. Un monde grouille sous nous pieds. Un monde silencieux. Des milliards d’insectes et de nuisibles qui n’attendent que LE moment pour nous envahir. Ils sont des milliers, ils sont des milliards. Nous ne résisterons pas. Elle sera ainsi la fin du monde. Elle ne sera ni guerre nucléraire, ni ère glaciaire. Bouffés par les criquets&amp;#160;!  TOUS. Moi, j’aurais pris les devants, voyez-vous…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je m’éclipse après lui avoir demandé si, à l’occasion, elle ne passerait pas boire un verre avec mes amis pour me parler de sa folie, euh.. de sa passion (pardon), et je rentre chez moi, ravie d’avoir fait la connaissance de ma nouvelle voisine qui va probablement animer mon quotidien désormais.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je finis mon repas songeant à tous les doux dingues en liberté, que je trouve finalement poétiques, à leur manière…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et c’est là que je la vois. Enorme. Disproportionnée. Indécente. Effrayante.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une araignée. Que dis-je une mygale. Un crabe presque. Accrochée à mon plafond à la verticale de mon assiette.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un monstre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je fais un roulé-boulé vers mon cellier, saisissant le masque offert par Rosy, et je m’arme de mon aspirateur. J’insulte mon chat qui, placide, profite de l’occasion pour finir mon assiette, au lieu de me sauver du danger qui me menace. Quand je pense aux heures qu’il passe à taper sur les carreaux des fenêtres pour tenter d’attraper les mouches qui sont posées de l’autre côté… ça me donne presque envie de l’amener à la SPA dès le lendemain. Je repousse cette idée, et mon concentre sur l’envahisseuse.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je pousse le cri de guerre «&amp;#160;ASPIIIIIIII&amp;#160;», et me lance bras tendu, à l&amp;#8217;assaut de la barbare.  Que je gobe avec mon Hoover.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;L&amp;#8217;opération de sauvetage terminée je suis presque soulagée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Presque, car je n‘ai plus de Baygon.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je laisse tourner ma bécane pendant quelques minutes, histoire d&amp;#8217;assommer la bestiole à coup de 2000&amp;#160;W.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les mots de Rosy résonnent dans ma tête.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Fin du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Bouffés par les araignées.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et si ma mygale trouvait aussi la sortie de mon aspirateur et venait se venger sur moi en pleine nuit&amp;#160;? Si elle faisait de mon chat un quarter-pounder-with-cheese et venait lui sucer la moelle saveur croquettes durant la nuit  (c’est, qu’à choisir, mon chat est bien plus gras que moi, elle aurait tort de s’en priver).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Est-ce ma rencontre avec Rosy, ou tous ces vampires et sorcières que j’ai croisés aujourd’hui, mais j’ai une envie pressante d’éloigner mon aspirateur. Et vite.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai pas beaucoup de solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Soit je retourne chez la Terminator de la termitière, au risque qu’elle me propose de mettre le feu à mon aspi.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Soit…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est là que la campagne, quoi qu’on dise, ça vous gagne. On n’imagine jamais assez les bienfaits d’un jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ouvre grand la porte de ma  cuisine, et saisissant mon Hoover avec le peu de courage qui me reste, je fais trois tours d’épaule et je le balance, dans un fracas de plastique, au fond de mon jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mon chat part se planquer sous le lit.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je referme la porte en poussant un grand OUF.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Tout en pensant à cette fourmilière sur laquelle je dors peut-être. L&amp;#8217;angoisse me glace les veines.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il faut à tous prix que j&amp;#8217;invite Rosy à boire l’apéro demain soir.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;En tête à tête.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il faut toujours avoir de bonnes relations avec ses voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;(Pour le vrai Docteur Rose…)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/35077580289</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/35077580289</guid><pubDate>Mon, 05 Nov 2012 16:39:00 -0500</pubDate></item><item><title>Ca sent les chrysanthèmes...</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;                             &lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_mcofmvYCEV1r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis vieille.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est un constat, pas une plainte. Je vous jure.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’écris pas ça pour m’entendre dire&amp;#160;: «&amp;#160;Vieille&amp;#160;!? Tu plaisantes chérie, à ton âge tu as la vie devant toi&amp;#160;!&amp;#160;» ou encore mieux, plus subtil :«&amp;#160;35 ans aujourd’hui c’est comme avoir vingt ans il y a vingt ans&amp;#160;» (ne pas chercher à expliquer mathématiquement cette phrase).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Quand j’écris vieille, j’entends dépassée, à la ramasse, «&amp;#160;has been&amp;#160;», old, foutue, à côté de la plaque, démodée, ringardos.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne vous êtes vous jamais dit, adolescent, alors que vous buttiez sur le mur d’incompréhension de la différence d’âge&amp;#160;: «&amp;#160;quelle vieille conne celle-là&amp;#160;»&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Moi oui.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Celle-là avait  sûrement mon âge d’aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Donc aujourd’hui, la vieille conne, c’est moi.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vous fais la démonstration rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ce week-end, mue par des instincts hibernatoires hérités de lointains ancêtres marmottes, j’entreprenais de sortir de la naphtaline ma panoplie d’hiver, et de ranger pour quelques mois tongues, robes légères et chapeaux de pailles. Ils passent la main aux cachemires douillets, sensés mimer fourrure et toison (laissés pour compte par des millénaires d’évolution et des hectolitres de cire orientale).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;L’événement est depuis deux décennies le théâtre de débordement émotionnels du genre «&amp;#160;Oh mon Dieu, mais je n’ai rien à me mettre cet hiver&amp;#160;», et je courrais le lundi venu chez la première marchande de tricots pour donner un coup de jeune à ma garde robe périmée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Cette année, pas de débordements de la sorte. Je me suis surprise à redécouvrir mes vieux pulls avec émerveillement. De conclure que rien ne vaut mieux qu’un bon classique, bien coupé, de qualité, qui traverse les âges. Un bon investissement en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Beurk&amp;#160;!! Sursaut de lucidité. Je hurle d’horreur&amp;#160;! Comment puis-je, MOI, prix Nobel de la dépense superflue, penser une chose pareille&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Premier signe de vieillesse.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La ridule de la garde robe.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis vieille vous dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai pas fini.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Comme le dimanche se poursuivait, froid et glacial, et que je ne pouvais honorer mon footing dominical au risque de flirter avec une pneumonie (à la différence d’un demi millier de marathoniens suicidaires-les toulousains, coincés en ce dimanche matin comme moi par ce troupeau d’hurluberlus réchauffés, comprendront), comme le dimanche se poursuivait donc, je perdais mon temps sur internet (les internets diront les jeunes…attendez, vous allez comprendre), à tenter de saisir l’intérêt de certains réseaux sociaux, dont Twitter, mon préféré.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai la naïveté d’être pugnace lorsque je ne comprends pas quelque chose. Je devrais accepter le mystère de certaines situations ou personnes, et ne pas chercher à tout analyser. Car la plupart du temps ce qui semble insondable et mystérieux cache bien moins que ce que j’imagine&amp;#160;: à défaut de complexité, c’est plutôt de la bêtise que je découvre. Et ma propre déception d’avoir perdu beaucoup de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais que voulez-vous…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Pour en revenir à Twitter, donc, je passe pas mal de temps, depuis quelques mois à comprendre…à essayer de comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et je ne comprends rien. Au langage, aux codes, aux blagues, à l’humour, à la popularité de certains «&amp;#160;Twittos&amp;#160;» proportionnelle la plupart du temps à leur vulgarité, leur inculture et leur bêtise.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’essaye de comprendre, et je constate que je suis à côté de la plaque. Je me force à mettre des émoticônes dans mes SMS (si vous ne comprenez pas &amp;#8220;émoticônes&amp;#8221;, vous êtes plus vieux que moi), j’arrive à faire plus de trois phrases sans faire de photes d’ortografe ou ponctuer de &amp;lt;3 et de :-) et j’ignore ce que troller, stalker et fake veut dire (vous non plus&amp;#160;? Ca me rassure). J’avoue avoir eu la condescendance de penser que j’étais juste bien au dessus de cette fange cybernétique, pour en capter les rouages…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais non. Je dois être lucide.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis juste vieille. Comme ma grand-mère qui ne comprenait pas, et nous taxait de voyous, lorsqu’on dansait le pogo sur Smell like Teen Spirit.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La ride du fossé culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je suis vieille, c’est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne vous parle même pas des premiers rhumatismes, de la digestion plus lente, des cheveux blancs, des oublis à répétition, de l’alcool que je ne supporte plus, du sommeil plus léger, des rides d’amertumes, de la ménopause qui me guette, peut-être&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Déprimée par tant de noirs constats en ce un jour d’octobre glacial tronqué d’une heure d’ensoleillement (encore une œuvre des lobbies pharmaceutiques pour nous faire consommer plus de psychotropes, n’est ce pas&amp;#160;?), je décidais de mettre un grand coup de pied dans cette mélancolie grandissante.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’aurais vite fait de me faire avoir par un frileux dimanche d’octobre, à faire des conclusions hâtives sur ma jeunesse, parce que je n’ai pas envie de m’acheter un nouveau pull et que je ne comprends pas les élucubrations de twittos débiles.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’enfilais mon plus vieux gilet, celui dont je peux citer, sans me tromper, toutes les tâches et les accrocs.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’allais faire du mélancolique. Du nostalgique, puisque c’était dans l’air du jour. On combat le mal par le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je plongeais dans ma bibliothèque à la recherche de mon VIEUX livre de cuisine, celui de Françoise Bernard. Vous savez cette dame aux teintes fanées, dont la photo faisait DEJA hipster dans les années 80 (Françoise n’a jamais fait de cuisine d’ailleurs, mais s’est retrouvée là par hasard. La plus belle imposture de l’histoire de la cuisine après Cyril Lignac).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je sortais mon Françoise Bernard à la recherche d’une idée culinaire, bien surannée, bien vieillotte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et je la trouvais.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’allais faire un hachis Parmentier.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Qui fait du hachis Parmentier de nos jours&amp;#160;? Des brochettes aux kinder bueno et aux bananes, de la mousse d’avocat au surimi, du cheese cake aux spéculoos…des idioties fugaces qui faneront en un claquement de doigts.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais un HACHIS PARMENTIER&amp;#160;? Avec de la charolaise hachée, de l’oignon doux de Trebons, de l’ail rose de Lautrec, une belle purée de Désirée.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un plat qui vous réchauffe les tripes et vous rappelle le brouhaha de la cantine.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne vous fais pas saliver plus longtemps, mon hachis était dément (de l’avis général). Si je n’avais pas aujourd’hui l’âge dangereux de celle qui se rapproche de la quarantaine («&amp;#160;la vieillesse de la jeunesse&amp;#160;» c’est pas moi qui le dit, c’est Victor H.), si je passais mon temps sur Twitter à photographier mes hamburgers (je vous assure c’est monnaie courante, par curiosité allez voir…) ou à m’acheter des nouveaux pulls, je ne saurais pas que Françoise Bernard existe et je n’aurais pas eu le temps de cuisiner hier.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Me voilà revigorée pour la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Finalement je dois dire que la vieillesse ça a du bon.&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/34597185525</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/34597185525</guid><pubDate>Mon, 29 Oct 2012 19:00:00 -0400</pubDate></item><item><title>Nous sommes de drôles d'oiseaux...</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_mcbepz55yn1r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il y a fort longtemps, mon correspondant allemand (amoureux de la France), me demandait pourquoi, à mon jeune avis, le coq symbolisait notre peuple. La candeur de mes dix sept ans lui répétait une banalité que j’avais dû entendre, et que je trouvais pertinente, à l’époque&amp;#160;: car les français, même juchés sur un tas de fumier, continuent à chanter fièrement.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Cet échange héraldique de haute volée m’est revenu récemment, alors qu’un tsunami de plumes à faire pâlir le rayon couette d’Ikea déferle sur la France.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je constate que la volaille est un emblème toujours couru dans notre cher pays même si le combatif coq a pris un coup dans l’aile. Finis les ergots dressés et les crêtes hypertrophiées, désormais le blason se préfère pigeon, toujours juché sur un tas de merde, mais le cri moins franc, et l’égo moins paonesque (du cousin paon).&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mieux vaut un pigeon diront les colombophiles, qui outre son plumage, sait transporter les missives et faire passer les messages. Pendant que le coq garde sa basse cour fienteuse, et ses poules décérébrées.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Certes.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Personnellement je ne peux qu&amp;#8217;imaginer le pigeon comme ce rat volant qui n’a de cesse d’emmerder le salarié moyen en essayant de lui piquer un bout de son sandwich pendant sa pause déjeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;A mon sens,  l’entrepreneuriat français, pour symboliser son combat, aurait pu choisir un piaf moins sordide que le pigeon, qui depuis les voyages et la pastilla n’a pas fait grand-chose de bien.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Car, bien que je ne défende pas les rapaces qui attendent que les alouettes tombent toutes rôties, ni les coucous qui squattent les nids impunément, je voudrais tout de même saluer ces hirondelles besogneuses, ces martins-pêcheurs, tous ces discrets volatiles qui construisent le nid d’une économie humaine, juste, libre et solide.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les petits et moyens entrepreneurs français.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne mettons pas, comme le voudrait la volière journalistique, tous les oiseaux dans la même cage. Les vautours et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il paraît évident, en le présentant ainsi, que le canari ne tardera pas à se faire bouffer, si on l’enferme ainsi. C’est pourtant ce qui va se passer, si on continue à taxer de «&amp;#160;sale patron&amp;#160;», celui qui ose aujourd’hui entreprendre en son nom. Qui ose seul. Et qui n’est pas, pour la grande majorité d’entre eux, à la tête d’un empire au luxe ostentatoire et indécent.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je repense au valeureux et idiot coq qui s’égosille sur son tas de fumier.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je n’ai pas été consultée pour la com’ de ce mouvement (bien que, toute modestie mise à part, je sois une des pionnières du mouvement des volatiles opprimés&amp;#160;: ex dinde, ex jaune canari –cocue,  et toujours pintade. J’ai toujours un temps d’avance sur la tendance). Si mon avis de tendanceuse de la vague volaillère avait été sollicité, j’aurais choisi ce bon vieux gallinacé de coq, un peu déplumé, un peu enroué, toujours sur un tas de merde.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est ainsi que je vois, une poignée de cailles engraissées mises à part, les entrepreneurs français.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et bien sûr, toujours fiers et combattifs.&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/34121869023</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/34121869023</guid><pubDate>Mon, 22 Oct 2012 18:08:36 -0400</pubDate></item><item><title>Seuls au monde</title><description>&lt;img src="http://25.media.tumblr.com/tumblr_mc93dvW0Hy1rq6y9no1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;Seuls au monde&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/34033057399</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/34033057399</guid><pubDate>Sun, 21 Oct 2012 12:05:55 -0400</pubDate></item><item><title>Perso je préfère trappe-trappe...</title><description>&lt;p&gt;Et qui es-tu chat perché?&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/33578945157</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/33578945157</guid><pubDate>Sun, 14 Oct 2012 13:54:54 -0400</pubDate></item><item><title>Si on jouait à #cachecache (Pris avec Instagram)</title><description>&lt;img src="http://24.media.tumblr.com/tumblr_mbu5zjOfpG1rq6y9no1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;Si on jouait à #cachecache (Pris avec &lt;a href="http://instagram.com" target="_blank"&gt;Instagram&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/33495638256</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/33495638256</guid><pubDate>Sat, 13 Oct 2012 10:38:07 -0400</pubDate><category>cachecache</category></item><item><title>Je lui ai dit...</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je lui ai dit …&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Tu vois, il y a les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Les arides du don de soi et les ridés du myocarde.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ceux dont les larmes sèchent avant même d’y penser.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt; Les fossiles du sentiment, qui pissent sur la compassion et se rient des attendris.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je lui ai dit…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Tu vois ces autres bousculeront ta candeur, croqueront de leurs dents acérées la chair tendre de ta naïveté.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ces autres voraces voudront nier ton existence et la douce essence de ton âme.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ces autres par de perfides calculs te feront croire que tu n’es rien et que ta vie décore les murs de leur égoïsme, comme d’insignifiantes fleurs sur un papier jauni.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je lui ai dit&amp;#160;: sèche ta colère.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Fais taire ton indignation. Endors ta tristesse.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Observe juste leur cœur s’étouffer d’ischémie à ne plus battre.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Regarde la vie s’évaporer de leurs corps sans âme.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;De cela ne tire aucune joie, aucune fierté.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne sois pas comme eux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Souris seulement&amp;#160;: cela, ils ne l’auront jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il ne savent rien du sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Alors que toi&amp;#160;: OUI.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt; &lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_mblhuhBgWt1r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/33188692990</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/33188692990</guid><pubDate>Mon, 08 Oct 2012 18:16:51 -0400</pubDate></item><item><title>#FF l’horizon (Pris avec Instagram)</title><description>&lt;img src="http://24.media.tumblr.com/tumblr_m8wt7w6ARz1rq6y9no1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;#FF l’horizon (Pris avec &lt;a href="http://instagram.com" target="_blank"&gt;Instagram&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/29629186932</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/29629186932</guid><pubDate>Fri, 17 Aug 2012 13:14:20 -0400</pubDate><category>ff</category></item><item><title>Ciel bayadère pour le dernier jour des #vacances (Pris avec...</title><description>&lt;img src="http://24.media.tumblr.com/tumblr_m8wc5uyVyz1rq6y9no1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;Ciel bayadère pour le dernier jour des #vacances (Pris avec &lt;a href="http://instagram.com" target="_blank"&gt;Instagram&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/29615573726</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/29615573726</guid><pubDate>Fri, 17 Aug 2012 07:05:53 -0400</pubDate><category>vacances</category></item><item><title>Conversation (Pris avec Instagram)</title><description>&lt;img src="http://24.media.tumblr.com/tumblr_m7nqsygRy81rq6y9no1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;Conversation (Pris avec &lt;a href="http://instagram.com" target="_blank"&gt;Instagram&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/27900168831</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/27900168831</guid><pubDate>Tue, 24 Jul 2012 05:10:10 -0400</pubDate></item><item><title>L'homme au pistolet d'or</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_m79cvciAkn1r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;La chose est assez petite.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais finalement la taille, ce n’est pas si important.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;On dit bien que les plus petites fioles contiennent les plus grands élixirs.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Car si petite soit-elle, c’est elle qui m’a conquise.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Complètement je veux dire.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Car le boulot était déjà bien avancé. Sur le chemin de la conquête.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vous raconte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une main tendue alors que je venais de tomber du haut de mes douze centimètres de talons, avec l’élégance d’un flan que l’on jette sur un pare-brise.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et ce devant un parterre d’anorexiques louboutinisées qui se pressaient à la sortie d’un défilé de mode.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une main tendue donc. Ferme. Et des doigts d’or.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un smoking à peine froissé, une odeur de musc juste assez entêtante. Un torse qui se dévoile dans l’entrebâillement d’une chemise, un sourire plein de sous entendus. La nonchalance faite élégance.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne suis pas de celle que l’on attrape avec des paillettes et des diamants, aussi éternels soient-ils. Mais là je dois dire…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Comment dire justement&amp;#160;? Trop de coïncidences voyez-vous…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Une voiture noire aux courbes racées, répondant au nom de Simon. Non je me trompe, c’était Paul…ou Martin. Oui, une voiture répondant au nom de Martin.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Des portes qui s’ouvrent seules, du champagne à bord. Un voyage nocturne dans les arcanes d’un Paris mystérieux. Une halte dans le bar d’un palace feutré.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Deux verres de vodka Martini.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne m’attache pas aux apparences, voyez-vous, mais je commençais sérieusement à avoir la puce à l’oreille et des papillons dans le ventre. Avec ce sourire long comme la plage de Rio. Ce sourire qui me susurrait &lt;span&gt; &lt;/span&gt;qu’il n’était là que pour mes yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mes yeux d’or, comme il disait.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Alors, je n’ai pas résisté longtemps, vous le comprendrez. Surtout lorsqu’il m’a montré la chose.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Petite je vous disais. Mais je n’en avais jamais vu de telle. Elle réalisait tellement de prouesses.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je rougis là, ne vous moquez pas. Je suis inexpérimentée je l’avoue.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais je ne savais pas qu’un tel objet pouvait exister. J’ouvrais des yeux de biche&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;subjuguée par le canon d’une carabine.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il m’a fait jurer de ne rien dire, de garder le secret pour moi, que cet objet, aussi petit soit-il, avait la puissance d’une arme nucléaire:une clé USB biométrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est à ce moment là que j’ai compris. J’étais piégée comme un petit animal, certes, &lt;span&gt; &lt;/span&gt;mais il me restait encore un peu de lucidité…Je ne suis pas complètement gourde voyez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Le mec que je venais de rencontrer était un agent secret. Il n’y avait pas d’autre explication.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;J’ai accepté la deuxième vodka Martini, à la cuillère&amp;#160;; je ne lui ai même pas demandé son prénom, par peur de risquer ma vie. Je trouvais cela tellement excitant.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Un agent secret. Des noms raisonnaient dans mes oreilles&amp;#160;: Sean, Pierce, Austin, Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il a compris que j’étais mûre et il m’a cueillie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Nous avons passé la nuit à jouer avec sa clé et d’autres objets aux superpouvoirs dont je ne peux raisonnablement pas parler sans risquer de voir un mec looké lanceur de poids de la ex-RDA sonner chez moi en me demandant «&amp;#160;Sarah Connor&amp;#160;?&amp;#160;», mais je vous assure, c’était royal au casino.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Il a disparu au petit matin. J’ai compris que je ne le verrai plus. Trop dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;C’est certain, vous allez me trouver naïve, carrément idiote…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Vous allez me dire que je me suis faite avoir, qu’il ne faut jamais, plus jamais croire ces balivernes.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais les histoires d’espion qui m’aimait, je l’avoue, sont comme les histoires de princesses, cela m’a toujours faite craquer. Car le monde ne suffit pas, il faut parfois de jolies histoires pour mieux le rêver, plutôt que de se laisser mourir d’ennui.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et je ne suis pas la seule à le penser…&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;(Un gros clin d’œil à Aurélie V, à l’origine de ce post, qui a aussi craqué pour un agent secret avec une clé biométrique…)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/27332423349</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/27332423349</guid><pubDate>Mon, 16 Jul 2012 10:52:00 -0400</pubDate></item><item><title>Désintrégation</title><description>&lt;p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_m6os2haSgn1r7ldl1.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Laissez-moi mes cicatrices, suturez-les grossièrement, je veux qu’on les voit.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne repassez pas mes aspérités, je veux que ça râpe quand on me frotte.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne diluez pas mon fiel et mon miel, ne mélangez pas les phases, laissez-les en suspension.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne flouttez-pas les couleurs, je veux que ça jure et que ça crie.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne changez pas mon masque pour un autre, je ne connais pas ce rôle.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Et surtout n&amp;#8217;exigez pas que nous portions tous le même&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne me demandez pas de chanter une autre voix, je ne connais que la mienne. Mais je veux être dans un chœur qui entonne, des basses aux sopranos.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Pas dans &lt;span&gt; &lt;/span&gt;un ensemble qui hurle d’une même téssiture.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je veux être un extrait, une essence extrême. Je ne veux pas être une seule odeur, mais participer à la perfection d’un parfum complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je veux être une herbe folle dans un champ de fleur, et pas un épi &lt;span&gt; &lt;/span&gt;d’un champ de blé monotone.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je veux être le «&amp;#160;un&amp;#160;» d’un tout, et ne pas être juste un tout indivisible.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Ne m’alignez pas sur un rang, laissez moi courir en liberté.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Laissez-moi être mes gênes, ma couleur et mon ethnie, mes pays et mes langues.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Laissez-moi mon histoire, mes madeleines de Proust, mes aïeux et mes recettes. Laissez-moi le plaisir de raconter mes légendes, et de faire découvrir un autre monde, celui qui est le mien.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Je vous en prie &lt;span&gt; &lt;/span&gt;ne m’intégrez pas, je ne veux pas qu’on m’aplanisse.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Mon monde est beau parce que je flirte avec des différences, qui ne m’imposent rien, et surtout pas de devenir comme elles.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Car que deviendrai-je si je ne pouvais plus m’émerveiller d’un univers que je ne connais pas&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;M’émouvoir d’un être spécial, parce qu’il&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;n’est justement pas moi&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Laissez-nous rester nous-mêmes, ce mélange insensé de saveurs qui fait durer presque vers l’infini l’extase gustative.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;Parce que franchement, il n’y a rien de pire au monde qu’un plat qui n’a qu’un seul goût.&lt;/p&gt;
&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;em&gt;«&amp;#160;Le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens. Ne vaut que par les ultras, et ne dure que par les modérés&amp;#160;» Paul Valery&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/26552862703</link><guid>http://cestlundijaipasenvie.tumblr.com/post/26552862703</guid><pubDate>Thu, 05 Jul 2012 07:56:00 -0400</pubDate></item></channel></rss>
